AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Même si tous les chemins mènent à "Elle"...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Humain(e)
avatar
Messages : 94

Feuille de personnage
Orientation politique: Aucune
Classe&Métier: -
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Mer 28 Juil - 19:55

PEIIING !!

La canette vola dans les airs. Jude trainait des pieds dans le centre ville, marchant tel un condamné vers le cabinet du médecin de la famille O'Brien.
Quelques semaines auparavant, Lisa avait insisté pour qu'Aladiah aille se faire vacciné, et lui par la même occasion. Le médecin pu constater que la plupart de ses vaccins n'étaient pas à jour du tout, si bien qu'il donna à l'adolescent des rendez-vous supplémentaires.

Oh, il n'y serait bien pas allé... Mais après tout ça ne pouvait lui faire que du bien et il ne payait pas d'addition.
Franchissant le seuil, il alla s'assoir dans la salle d'attente entre une petite mémé et une femme avec son mioche. Le médecin avait visiblement du retard... Jude fixa pensivement la pendule, observant les minutes défiler...
10h... 10h04... 10h12... 10h21...

10h33, la secretaire passa son nez retroussé par la porte pour la troisième fois.

- Mr Rainford.

Jude se leva.


//////////////////////////////


10h36
Trois minutes qu'il était entré, il n'avait fallu que 30 secondes pour que tout s'écroule.

*C'est pas vrai...*

Le garçon regarda le bureau, blême. Ce médecin n'était pas du genre à rire, ce n'était pas une blague, pas la peine de dire 'vous déconner ?' pour s'en assurer.
L'homme en blouse blanche lui glissa la feuille des résultats sous son nez avec un air désolé. Jude la saisit avec lenteur. Ses yeux parcoururent fébrillement les quelques lignes pour arriver à la conclusion, tombant comme une sentence. Peine capitale.
Sa main trembla.

- Je suis vraiment navré monsieur. Je comprend que cette nouvelle vous choque... Alors pour ce qui est de la prise en charge médicale ou de votre décision quelqu'elle soit, je vous propose un nouveau rendez-vous disons... vendredi ? Tenez, voici un numéro à appelez -il lui tendit une carte- si jamais vous avez du mal à supporter, ils vous conseilleront. Ou appelez moi.

Il se foutait de lui ou quoi ?!
Jude se releva brusquement, lui lançant un regard glacial. Il ne prit pas la carte et se dirigea vers la sortie sous le regard pseudo compatissant du médecin.
Il devait vraiment tirer une drôle de tête car dans la salle d'attente tout le monde le regardait d'un air inquiet.

Une fois dehors, il se mit à courir, courir jusqu'à ce que l'air lui brûle les poumons.

C'étaient des mensonges ! Des tas de mensonges !

Il s'arrêta au coin d'une ruelle vide et observa la feuille froissée dans sa main.

Des mensonges...

Mais comment est-ce qu'il avait pu attrapper ça ?! Il broya la feuille et la jeta rageusement par terre, l'écrasa sous son pied avant de frapper le mur de son poing, encore et encore, à s'en arracher la peau.
Quand sa main fut en sang, il s'arrêta et se mit à marcher, lentement, comme s'il était mené à l'échaffaud, sans vraiment savoir où il allait.
Qu'est ce qui faisait le plus mal ? Sa main ou son coeur ? Tout deux lui déchiraient les entrailles mais cette nouvelle était tellement plus douloureuse.

Il avait la nausée.

- Hé ! Hawkins !!

Une main l'attrapa brutalement par le bras. La réponse ne se fit pas attendre. Jude ne chercha même pas à savoir qui il avait face à lui, la façon de se présenter suffisait à révéler les intentions de l'homme. Et puis toute la pression qu'il avait emmagasinée devait bien sortir.
Il frappa.
Il frappa, plusieurs fois, au visage exclusivement, sauvagement, sans ménagement.
De rage, il frappa la tête de l'homme contre un mur.

Puis, il recula. Il était tâché de sang. Ses mains, ses vêtements, son visage... Son regard se porta sur l'homme inerte et malgré les traits abimés, il reconnu Tony. Il était dans un sale état.
Jude recula encore, regarda ses mains teintées de rouge. Recula, recula.
Qu'est ce qu'il avait fait ??

Il prit la fuite à travers le dédale des ruelles. Il couru à en perdre haleine pendant de longues minutes, pendant plusieurs kilomètres, jusqu'à Melvill Street.

Blême comme un mort, il ouvrit à la volée la porte de la somptueuse maison des O'Brien, traversa le salon d'une traite, monta les escaliers quatre à quatre bouscula la porte de sa chambre pour finalement se laisser tomber dans le coin de la pièce le plus éloigné de l'entrée.
Là, recroquillé, la tête entre ses mains rouges et corps secoué de sanglots, il se laissa aller à son désespoir.

Ca pouvait pas être vrai...

Ses doigts aggripèrent ses cheveux.

Pe-peut-être qu'il l'avait tué ? Ce type...
Il... il ne voulait pas mourir.
Pas comme ça.

Pas mourir...
Ses membres furent pris de tremblements.
Là, il pouvait le dire, jamais il n'avait eu si peur. Jamais il n'aurait penser pouvoir tomber encore plus bas dans ce gouffre immense, dans ce gouffre désespérement sombre, si sombre...
S'il y avait échappé à la mort il y a un an... Ce n'était pas pour qu'elle le rattrappe si vite !

Jamais... jamais il ne s'était sentit si seul, pas même à la mort de sa mère, car quand ça serait son tour il n'y aurait personne pour le pleurer et c'était peut-être ça le plus dur.

Crever seul, comme un rat, sans manquer à personne.

Il ne savait plus quoi faire, ne savait plus rien, ne voyait plus rien. Rien que les ténèbres autour de lui.

Les larmes ruisselèrent sur ses joues, traçant des sillons sanglants.

Il était 12h47.



[pour ceux qui savent pas : Jude est un PNJ existant depuis quelques mois, je suis en train de faire sa fiche de vrai perso, c'est donc pas grave qu'il ne soit pas validé Wink]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ange Majeur
avatar
feat. : Eva Green
Je suis : Aladiah
J'ai fait : Rp ?
Messages : 637

Feuille de personnage
Orientation politique: Svoboda
Classe&Métier: Soldat, cavalerie lourde
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Mer 28 Juil - 22:02

La poisse. Les vaccins … Avec le temps, Aladiah avait complètement oublié l’existence de ces horribles doses de crasses qu’on vous injectait dans le sang. Mais ce n’était pas le pire dans l’affaire : le cabinet à lui seul rivalisait avec et l’emportait mains levées. L’odeur, l’ambiance, le ramassis de gens plus que souvent agaçants, l’attente dans l’ennui le plus total, les pleurs parfois, ou les plaintes incessantes, …

Rien d’agréable, en somme.

Enfin. Il fallait ce qu’il fallait. Elle s’engouffra dans l’une de ses vestes d’hiver, écharpe autour du cou, et suivit sa mère adoptive jusqu’à la voiture. Jude y grimpa aussi. Au moins, elle ne serait pas seule à endurer la torture morale et physique qu’imposait la pénétration dans l’antre du médecin.

Arrivée à destination, elle s’installa sur l’une des chaises, bras croisés et comme toujours silencieuse. Pourtant, son regard impassible et habituellement si fixe bifurqua lentement vers l’homme qui sortait de sa visite. Ses sourcils se froncèrent très légèrement.

Etrange. Il dégageait la même « aura » anormale que Jude.

Ses yeux glissèrent immédiatement sur la petite feuille qu’il avait entre les mains. Pliée. Elle ne pouvait pas lire. Elle soupira avec agacement et réfléchit un instant.

***

Stanley Smith franchit la porte qui donnait dans le hall du cabinet médical, les résultats de sa prise de sang entre les mains. Il n’avait même pas pris la peine de les déplier : le verdict, il le connaissait déjà. Le même que pour sa femme, assurément. Et, à vrai dire, il s’y était au préalable préparé.

Il dévisagea un instant les gens présents dans la salle d’attente. Une femme, deux gosses et quelques vieux. Il se dirigea vers la porte d’entrée.

Puis une brusque douleur traversa les muscles de son bras. Surpris, il lâcha ses documents. On ne tarda à les lui rendre. Il murmura de brefs remerciements et s’en alla pour de bon.

***

Un jeu d’illusions et les papiers étaient en sa possession. 3 secondes s’étaient écoulées. Il ne lui en avait pas fallut plus pour parcourir l’écriture dactylographiée. Elle rendit les documents qui étaient tombés à ses pieds à leur possesseur et reprit sa position de statue de pierres.

Virus de l'Immunodéficience Humaine, Syndrome de l'ImmunoDéficience Acquise

Complètement chinois. Pas la moindre idée de ce que c’était.

***

9h45

Allongée dans le fauteuil de cuir du somptueux salon des O’Brien, l’Ange fixait distraitement les images qui défilaient devant ses yeux.

Urgences.

Mais qu’est-ce qu’elle était nul cette série ! C’en était presque déprimant … Enfin, ça passait le temps. C’était déjà ça de gagné.

- […] je me vois désolé de vous apprendre, monsieur, que votre fils est atteint du Syndrome de l'ImmunoDéficience Acquise. A savoir du SIDA […]

Tiens …

L’immortelle redressa la tête.

Ca lui était complètement sorti de la tête cette histoire ! A croire que le vaccin avait finalement eu raison de son esprit. Elle attrapa la télécommande et coupa la télévision. D’un bond sur ses pieds, elle grimpa quatre à quatre les marches qui menaient à sa chambre et s’installa paisiblement devant l’écran de son ordinateur.

Recherches.

Impression.

Elle attrapa le tas de feuille qui sortait de l’imprimante et sauta sur son lit pour entreprendre la lecture.

9h55

Plus les secondes s’écoulaient, plus les sourcils d’Aladiah se fronçaient. Elle entrouvrit légèrement sa bouche dans une expression soucieuse. Elle se redressa. Une main fiévreuse glissa dans la touffe de cheveux qui lui tombait devant le visage. Ses muscles se tendirent. Elle déglutit.

La dernière phrase qu’elle était parvenue à lire résonnait inlassablement dans sa tête.

Le SIDA est le dernier stade de l'infection par ce virus et finit par la mort de l'organisme infecté, des suites de maladies opportunistes.

Elle froissa la feuille qu’elle tenait et la jeta par-dessus son épaule.

Du n’importe quoi !

Haussement d’épaules. Il y avait vraiment de ces conneries sur internet !

Elle reprit sa lecture, entamant une nouvelle page. Son geste se répéta. Une fois. Deux fois. Trois fois. Sept fois. Douze fois. Elle ne prit même plus la peine de continuer. Plus d’illusions. Elle lança les feuilles qui s’éparpillèrent un peu partout sur le plancher de sa chambre.

Ses yeux, complètement vides d’expression glissèrent lentement vers se pieds. Elle ramena ses jambes contre elle et ses mains tremblantes ne tardèrent à les encercler. Elle sentit le dernier papier froissé qu’elle détenait lui racler la peau, l’ignora. Elle posa son menton contre ses rotules et ne bougea plus.

Vide d’expression, et vide de pensée. Désormais, seul le souffle du vent contre sa fenêtre occupait son esprit. C’était comme si le reste n’existait plus. La maison était silencieuse. Ils étaient certainement sortis. En fait, elle s’en foutait.

Strictement rien n’avait l’once d’une trace d’importance.

10h30, 10h35, 10h40, 11h50, 12h20, 12h40, 12h45

SBLAM

L’immortelle sursauta. La porte du hall venait de claquer dans un fracas monstrueux. Elle redressa la tête quelques secondes avant de reprendre sa position initiale.

BOUM BOUM BOUM

Quelqu’un dévalait les escaliers.

SBLAM

Une deuxième porte claqua.

Silence.

12h47

Machinalement, les jambes engourdies de l’Ange se déplièrent. Ses pieds glissèrent sur le sol chauffé par les radiateurs en marche. Elle se redressa.

Ses pieds la guidèrent telle une morte animée en direction de la porte de la chambre d’ami du troisième étage. Sa main libre se posa sur la poignée. Elle ouvrit la porte. La franchit. La referma.

Puisque l'ombre gagne
Puisqu'il n'est pas de montagne
Au-delà des vents plus haute que les marches de l'oubli
Puisqu'il faut apprendre
A défaut de le comprendre
A rêver nos désirs et vivre des "ainsi-soit-il"
Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n'est pas forcément suffire
Puisque c'est ailleurs
Qu'ira mieux battre ton cœur
Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir
Puisque tu pars


Son regard, semblable à celui d’un corps sans vie, glissa lentement sur l’ombre recroquevillée de Jude. Il était callé dans un coin reculé de la pièce. Il tremblait. Du sang recouvrait ses vêtements. L’immortelle ferma les yeux dans une profonde inspiration.

Que les vents te mènent où d'autres âmes plus belles
Sauront t'aimer mieux que nous puisque
L'on ne peut t'aimer plus
Que la vie t'apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu
Garde cette chance
Que nous t'envions en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l'est d'avril
Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile


Elle serra les poings. Les dents. Pour quitter l’horrible image qui la hantait, elle fixa la petite fenêtre. S’y dirigea. Son front percuta la vitre.

Tremblements ...

Sans drame, sans larme
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur
Puisque ta maison
Aujourd'hui c'est l'horizon
Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir
Mais pas trop tard


… et pour la première fois depuis des milliers d’années une larme roula sur la joue d’Aladiah. Elle tourna la tête vers Jude.

Deux, trois, quatre.

Elle se jeta à ses pieds. Ses bras se glissèrent autour de lui. Elle enfuit on visage dans ses vêtements baignés de sang.

J'aurai pu fermer, oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l'as pas fait
J'aurai pu donner tant d'amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais ça n'était pas encore assez
Pas assez, pas assez, pas assez


- Je t’en prie, dis-mois que ces mots sont un mensonge ! Le soleil ne peut pas tomber du ciel.


Puisque tu pars, JJG : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
"Hé, fini de penser de réfléchir, de cogiter,
Un vrai lieutenant de l’armée n’a pas le droit de s’égarer.
On m’a parlé de patrie, de fierté, de mon sol,
D’un bon devoir accompli, et cet avion décolle.
Je suis sûr d'être un type bien, un véritable puritain, un patriote américain ;
L'Etat a fait de moi un homme, pas un pantin,
On m'a seulement appris à faire le bien."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Humain(e)
avatar
Messages : 94

Feuille de personnage
Orientation politique: Aucune
Classe&Métier: -
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Jeu 29 Juil - 9:59

Les ombres l'entouraient, fantômes aux allures plus terrifiantes les unes que les autres.
Et l'enfant pleurait, horrifié.

Présence dans la pièce, chaleur soudaine contre lui. Un petit corps secoué de sanglots.
Une once d'étonnement traversa l'esprit du garçon.

Qu'est ce que...

- Je t’en prie, dis-mois que ces mots sont un mensonge !

Hein ? C'était la voix d'Aladiah...
Mais comment... comment est ce qu'elle pouvait savoir ?? Et pourquoi est ce qu'elle réagissait comme ça ? Il ne lui parlait jamais, ils ne se parlaient jamais.

- Le soleil ne peut pas tomber du ciel.

...
Sa gorge se serra.
Conneries d'enfant ! Bien sûr que le soleil ne pouvait pas tomber du ciel ! C'était quoi son problème à venir lui pleurnicher des trucs débiles ? Elle lisait trop de bouquins trop tordus pour elle cette mioche !
Et là, c'était franchement pas le moment.
Ravalant durement ses larmes et se murant difficilement, il repoussa la gamine.

- Fous moi la paix !

Mais sa voix tremblait, comme tout son être.
Il n'avait même pas osé lui adresser un regard. Trop de douleur dans celui-ci, impossible à cacher... Comment cacher ça ?
Il ne voulait pas que ça se sache.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ange Majeur
avatar
feat. : Eva Green
Je suis : Aladiah
J'ai fait : Rp ?
Messages : 637

Feuille de personnage
Orientation politique: Svoboda
Classe&Métier: Soldat, cavalerie lourde
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Jeu 29 Juil - 13:04

Les larmes de l’Ange se mêlaient silencieusement au sang qui colorait le pull en laine. Ses doigts s’agrippaient obstinément aux parcelles de tissu humide que portait l’humain, comme s’ils essayaient vainement de le retenir, de l’empêcher de s’éloigner et de partir à jamais.

Il la repoussa. Elle faillit : le vêtement glissa de ses mains. Déséquilibrée, elle tomba en arrière et se rattrapa sur l’une de ses mains.

- Fous-moi la paix !

Elle releva la tête vers lui, l’expression vide de compréhension. Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Il n’était pas question qu’elle le laisse là ! Il était déjà trop loin. Et même si elle devait s’évertuer le restant de ses jours à croire en des rêves d’enfant, elle voulait continuer à espérer que tout n’était pas perdu. Alors non, elle ne lui « fouetterait pas la paix ». Pas aujourd’hui !

Mais … enfant … ? Son regard se posa, indécis, sur ses jambes et sur ses bras. Elle écarquilla les yeux. Ouvrit la bouche pour s’expliquer. La referma. Recula un peu. Elle prit une profonde inspiration, ferma les yeux.

Oh non …

Ce n’était vraiment, vraiment pas le moment de faire une gourde pareille ! Mais qu’est-ce qu’elle avait dans le crane ?!

Elle hésita.

Elle pouvait partir, comme il le lui avait ordonné. Ainsi, elle n’aurait rien à expliquer. Et tout reviendrait comme avant … Comment avant ? Non, c’était impossible désormais. Et était-ce vraiment le moment d’abandonner celui qui avait besoin de soutien ? De commettre une seconde fois l’unique erreur qu’elle ne se pardonnerait jamais -celle d’abandonner un proche sur le palier de la mort ? De fuir face à la difficulté comme le faisaient si bien les humains ?

Elle baissa les yeux.

Non.

Elle soupira et murmura à voix basse :

- Marche face au soleil sans craindre la brûlure du bonheur …

Elle se rapprocha de Jude et le contraignit délicatement à lever la tête, posant l’une de ses mains sous son menton. Son regard accrocha le sien, le suppliant d’accepter ses excuses invisibles. Pardon pour ses mensonges, pour ce qu’elle lui avait caché. Parce qu’elle savait qu’il avait malgré lui compris la vérité qu’elle s’apprêtait à lui avouer.

L’image de l’enfant de neuf ans impassible grésilla un peu, comme sur l’écran d’une vieille télévision, et elle laissa en un rien de temps place à celle d’une jeune femme confondue en excuses, salie par le sang et quelques larmes. Seuls ses yeux restaient identiques.

Elle détailla lentement les traits affaiblis de l’humain. Son expression désespérée. Son corps tremblant. Et d’un coup, il lui sembla qu’on lui envoyait la froide vérité en pleine face : il n’était pas immortel, il allait mourir. Bientôt. Le poing qui encerclait le papier sur lequel était inscrite la fatale vérité se serra.

Pourquoi est-ce qu’il fallait toujours en arriver à la même conclusion : les Hommes étaient faibles. Face à la mort, face à la vie, face à la peur, face au bonheur. Quelque soit la situation, ils demeuraient faibles.

- … et laisse ton ombre luter contres les ténèbres dans ton dos. Dé … désolée. termina-t-elle, la voix brisée.

Les yeux baissés, elle envoya brusquement la feuille valser de l’autre côté de la pièce et son visage se décomposa pour de bon. Les larmes qui tantôt hésitaient encore à couler affluèrent davantage. Désarçonnée, elle prit subitement ses tempes* entre ses mains, comme si elle espérait ainsi les retenir.

- Je te demande pardon, Jude. Je suis désolée, infiniment désolée. Tellement désolée !

Ses bras retombèrent lourdement. Elle releva la tête vers le garçon. La respiration saccadée, elle se jeta à nouveau dans ses bras, empoignant de plus belle ses vêtements.

- Pardonne-moi, Jude, je t’en prie, pardonne-moi ! Parce que je ne sais comment on peut te … Sois maudite à jamais l’ordure à cause de qui je te perds aujourd’hui ! Qu'elle crève sous les ponts, dans d'atroces souffrances et appelle vainement à l'aide, ça ne serait pas encore suffisant pour venger ce qu'elle t'a fait !! …

Ses doigts s’agrippèrent à sa chevelure, collant sa tête contre la sienne.

- Voile mes yeux, couvre mes oreilles, raconte-moi n'importe quoi, fais-moi subir les pires illusions, mens-moi ! Mais s'il-te-plait, je t'en prie, je t'en supplie, je t'en conjure : promets-moi que tu ne vas pas mourir ! Ta place n'est certainement pas en Enfer ! ... Pourquoi est-ce que je ne sais pas … je ne sais rien en fin de compte ! Je ne connais rien !

Derechef, ses mains perdirent leur prise et se rabattirent sur le sol.

- Anteria est peuplée d’hommes et de femmes ternis par le vice, de vivants qu’il faudrait tuer, de connards qui n’ont rien à foutre sur Terre, alors pourquoi toi ?! On doit rêver, c'est surement ça. L’inverse est impossible, hein ? Ca ne peut pas être vrai que je te perds, la Matière ne peut pas être aussi injuste !!

L’Ange se laissa tomber en avant, impuissante. Son front percuta un genou de l’humain. Elle l'entoura de ses bras, y collant de plus belle son visage.

- Avec toutes ces putains d’armes qui peuplent nos mondes, je ne veux pas croire qu’il n’y ait rien qui puisse détruire la saloperie qui te ronge de l’intérieur ! S’ils ont le pouvoir de décimer des villes entières avec une simple bombe, je ne pardonnerais jamais aux Hommes de ne pas pouvoir sauver l’un d’entre eux ! Jamais !!

Sous les sanglots qui les parsemaient, les mots qui s'échappaient de la bouche de l'être de la Lumière semblaient osciller en parallèle avec sa raison.

- Ne m'abandonne pas !

*ses tempes à elle au fait^^ pas celles de Jude x)

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
"Hé, fini de penser de réfléchir, de cogiter,
Un vrai lieutenant de l’armée n’a pas le droit de s’égarer.
On m’a parlé de patrie, de fierté, de mon sol,
D’un bon devoir accompli, et cet avion décolle.
Je suis sûr d'être un type bien, un véritable puritain, un patriote américain ;
L'Etat a fait de moi un homme, pas un pantin,
On m'a seulement appris à faire le bien."


Dernière édition par Aladiah le Ven 6 Aoû - 19:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Humain(e)
avatar
Messages : 94

Feuille de personnage
Orientation politique: Aucune
Classe&Métier: -
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Sam 31 Juil - 11:09

Son coeur se crispa, plus douloureux que jamais. Une fois de plus il rejettait la main secourable alors qu'en cet instant il en avait réellement besoin. Quel crétin, quel imbécile. Il avait de quoi crever de sa connerie !

Aladiah s'était éloignée et elle avait de quoi ne pas revenir, c'était tout à fait normal après ce qu'il lui avait dit...
Ses mains relâchèrent sa tête pour venir encercler ses genous sur lequels sont front reposait.

- Marche face au soleil sans craindre la brûlure du bonheur …

Froncement de sourcils. Il avait déja entendu cette phrase mais dans une autre bouche, il en était certain.
La fillette s'approcha et lui souleva le visage avec délicatesse, croisant le regard de Jude, incertain et perdu.
Celui de l'enfant était rongé par la tristesse et le remord.

Ces paroles, c'étaient celle de R-...

Sous les yeux brillants du garçon, l'image de l'enfant grésilla, comme une image sur une télé de mauvaise qualité pour faire place à la silhouette bien connue de cette femme, Roxane.
Jude la dévisagea sans bouger. Ce qui venait de se produire, ces mystères et cette gamine trop sérieuse, c'était donc ça ?!
Il ne savait pas trop quoi faire car se tenait face à lui la personne sur qui il pouvait le pls compter mais... Il était dans un état tellement misérable qu'il ne savait plus rien du tout.
Juste qu'il ne lui en voulait pas pour ce mystère. Il s'en foutait étrangement même.

Son regard se porta, vide, sur le côté.

- … et laisse ton ombre lutter contres les ténèbres dans ton dos. Dé … désolée.

Elle fondit en larme. Jude baissa la tête, le coeur gros et tout aussi désolé qu'elle. Il n'aurait pas voulu qu'elle sache.

- Je te demande pardon, Jude. Je suis désolée, infiniment désolée. Tellement désolée !

Désespérée, elle revint contre lui, empoignant ses vêtements comme si avec ce geste elle pouvait le faire rester.
Car elle savait.

- Pardonne-moi, Jude, je t’en prie, pardonne-moi ! Parce que je ne sais comment on peut te … Sois maudite à jamais l’ordure à cause de qui je te perds aujourd’hui ! Qu'elle crève sous les ponts, dans d'atroces souffrances et appelle vainement à l'aide, ça ne serait pas encore suffisant pour venger ce qu'elle t'a fait !! …

Stacy... Il n'y avait même pas pensé. Elle aussi était malade et elle ne le savait même pas. Voila à quoi ça l'avait menée de coucher avec n'importe qui.
La colère monta d'un cran mais s'atténua très vite. Tout ça l'épuisait, il n'en pouvait plus.
Au fond... ils auraient été ensembles jusqu'au bout, même dans la fin. Ensembles mais séparés.
Roxane mit son visage contre celui du garçon.

- Voile mes yeux, couvre mes oreilles, raconte-moi n'importe quoi, fais-moi subir les pires illusions, mens-moi ! Mais s'il-te-plait, je t'en prie, je t'en supplie, je t'en conjure : promets-moi que tu ne vas pas mourir ! Ta place n'est certainement pas en Enfer ! ... Pourquoi est-ce que je ne sais pas … je ne sais rien en fin de compte ! Je ne connais rien !

Une nouvelle fois, Jude détourna le regard douloureusement. Les larmes taries se remirent à couler, empruntant les sillons déja tracés.
La suite, il ne l'entendit presque pas, ses sanglots silencieux emplissant tout l'espace.

- Ne m'abandonne pas !

Le garçon posa sa tête contre le mur à sa gauche, muet.
Un lourd silence suivie les paroles de l'Ange.

Il ne voulait pas lui mentir mais de là à accepter la vérité... Pour lui, elle était enfouie dans sa chair, impossible de se leurer.
Finalement, il répondit d'une voix brisée :

- Oublies.

Il n'avait pas de meilleur proposition.

Perdu dans ses pensées, il leva sa main meurtrie et l'apposa contre le mur avant de la laisser tomber, laissant une traînée rouge sur son passage. Tout était dit. On ne change pas un tel avenir...
Et même si tous les chemins mènent à "elle", il ne voulait pas mourir ainsi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ange Majeur
avatar
feat. : Eva Green
Je suis : Aladiah
J'ai fait : Rp ?
Messages : 637

Feuille de personnage
Orientation politique: Svoboda
Classe&Métier: Soldat, cavalerie lourde
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Dim 1 Aoû - 14:34

[désespérant j'ai mis 3h00 à écrire et c'est pas génial <<]

Le mutisme qui succéda les derniers mots d'Aladiah se fit plus pesant que jamais. Les secondes étaient heures et il lui sembla presque avoir déjà afffaire à un mort. Elle ferma les yeux avec toute la conviction du monde, comme pour effacer les images qui s'imposaient lourdemment à elle. En cet instant, elle aurait donné cher pour ne plus jamais avoir à penser. Parce que la pensée de la mort, vicieuse et trompeuse, faisait inévitablement omettre de vivre.

La voix de Jude combla le silence le temps d'un mot, un simple mot, sur un ton si anéanti que le coeur de l'Ange se serra, lui imposant de nouvelles larmes.

- Oublies.

Ses doigts ressérèrent imperceptiblement leur emprise.

Oublier ...

N'était-ce pas en quelque sorte s'en aller en le laissant croupir dans son coin ? Abandonner toute idée d'un jour trouver un moyen de l'aider ?

Si.

Par conséquent, elle ne voulait pas oublier. Et quand bien même elle l'aurait désiré de toute ses forces, elle ne pouvait pas oublier.

Elle secoua vivement la tête, ébranlant maladroitement le genou sur lequel elle s'était appuyée.

A quoi devait ressembler la vie d'un mortel à peine âgé de dix-sept ans lorsqu'on lui annonçait, comme la pire des fatalités, que sa mort était déjà proche ? Pouvait-il encore en profiter ? Si ça n'avait pas été en grande partie irrespectueux, si ça n'aurait pas risqué de causer nombres de dommages, c'est à lui qu'elle aurait tout fait oublier.

L'immortelle ouvrit lentement les paupières. Jude avait posé l'une de ses mains sur le mur et la laissait pensivement tomber, abandonnant derrière elle une longue trainée de sang. Avant qu'elle n'atteigne le plancher, Aladiah s'en saisit et la ramena près de son visage. Elle se redressa et effleura du bout des doigts les plaies qui la recouvraient.

Mais qu'est-ce qu'il s'était encore fait ?

Ses yeux parcoururent les tâches rouges qui coloraient son t-shirt. Elle fronça les sourcils -ce n'était pas son sang tout de même ?, et sa main libre glissa sous le tissus. Pas de blessure ; elle abdiqua. Non seulement elle n'avait pas envie de l'ennuyer avec ça, mais en plus, à l'heure actuelle, qu'un autre soit blessé n'avait pour elle aucune once d'importance.

Ses doigts remontèrent jusqu'au visage du garçon et essuyèrent délicatement ses larmes tandis qu'elle esquissait un maigre -très maigre, sourire.

- Imagine qu'il existe un remède et que je finisse par le trouver.

Elle s'installa à sa droite, jouant avec sa main qu'elle avait toujours entre les siennes, le regard rivé sur la fenêtre.

- Imagine que la chance tourne et qu'il te reste encore soixante années à vivre. Soixante belles années.

Elle l'embrassa distraitement au dessus de ses lésions.

- Imagine que tu ne seras plus jamais seul. Qu'on ne te laissera plus jamais tomber.

L'Ange marqua une pause, ignorant les quelques larmes qui roulaient le long de ses joues. Son regard biffurqua sur le côté.

- Imagine que j'ai peur et que ...

Ses yeux se fermèrent derechef tandis qu'elle se mordit la lèvre inférieure.

- Et ...

Parler voulait dire avouer. Se l'avouer. Arrêter de se mentir. Faire face à l'inacceptable vérité qui trahissait malgré elle ce en quoi elle avait toujours cru.

Elle prit une profonde inspiration et enfouit sa tête dans le creux du cou de l'humain, l'une de ses mains s'agrippant de nouveau à ses cheveux.

- Et imagine que je t'aime.

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
"Hé, fini de penser de réfléchir, de cogiter,
Un vrai lieutenant de l’armée n’a pas le droit de s’égarer.
On m’a parlé de patrie, de fierté, de mon sol,
D’un bon devoir accompli, et cet avion décolle.
Je suis sûr d'être un type bien, un véritable puritain, un patriote américain ;
L'Etat a fait de moi un homme, pas un pantin,
On m'a seulement appris à faire le bien."


Dernière édition par Aladiah le Ven 6 Aoû - 19:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Humain(e)
avatar
Messages : 94

Feuille de personnage
Orientation politique: Aucune
Classe&Métier: -
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Mer 4 Aoû - 19:34

Sa main ne toucha jamais le sol, retenue dans sa chute par une main secourable.

La respiration saccadée par les sanglots du garçon se stoppa soudainement.

Retenue dans le vide, au dessus du sol, du fond.
Comme lui.

Sa respiration reprit, un peu plus calme.
Une main secourable...
Main qui caressa son visage, essuyant les larmes qu'il essayait de retenir.

- Imagine qu'il existe un remède et que je finisse par le trouver.

Jude leva ses yeux rougis vers la femme. Mais... tout le monde savait qu'il n'y avait pas de remède ! Tout le monde cherchait mais personne ne trouvait, c'était pas pour rien !
Bon, soit... Elle avait de drôles de pouvoirs et il ne savait à quoi s'attendre avec elle... Alors peut-être...
Mais il ne voulait pas espérer vainement.

- Imagine que la chance tourne et qu'il te reste encore soixante années à vivre. Soixante belles années.

Pour faire quoi de toute façon ? Déja que ses projets étaient on ne peut plus flous avant, ils étaient à présent anéantis !

- Imagine que tu ne seras plus jamais seul. Qu'on ne te laissera plus jamais tomber.

Il ferma les yeux.
Impossible. Il n'y croyait pas. Plus jamais... C'était trop improbable et combien de fois ça mère lui avait-elle dit la même chose ??
Roxane hésita alors, bloquant sur ses mots. Elle mit quelques secondes avant de reprendre, respirant profondemment. Elle posa sa tête sur l'épaule du garçon et...

- Et imagine que je t'aime.

Ces mots résonnèrent dans l'esprit de l'adolescent, à la fois chauds, douloureux et irréels. Sous les paupières closes, les larmes se remirent à jaillir. Sa main meurtrie s'empara du tissu revêtant le corps de la femme, tremblante mais avec force, pour ne plus le lâcher.

Ces larmes qui ruisselaient sur ses joues, il ne saurait dire s'il s'agissait qu'uniquement de larmes de douleur.

Ces mots venant d'elle c'était si... étrange...
Comme si cela avait été une épreuve pour elle d'en arriver là.
Pour Jude, ils agissaient comme un baume sur son mal.

Sans parvenir à stopper ses larmes, ni lâcher sa prise sur le vêtement, il se mit à parler. Sa voix était rauque, cassée.

- Je... Je veux pas qu'ils sachent. Tu diras rien, promis ?

Car leurs regards seraient tellement pénibles, insupportables ! Il mourrait mille fois avant de partir vraiment...

Jude ouvrit les yeux et fixa le vide. Il prit une profonde inspiration, tremblant.

- Si je me soigne pas, j-je...

Non, ça ne sortait pas. Sa mâchoire se crispa. La pensée était si terrifiante.
Il lui fallut plusieurs secondes avant de reprendre, la voix tremblante et lui totalement achevé.

- ... je dépasserais pas... 20 ans.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ange Majeur
avatar
feat. : Eva Green
Je suis : Aladiah
J'ai fait : Rp ?
Messages : 637

Feuille de personnage
Orientation politique: Svoboda
Classe&Métier: Soldat, cavalerie lourde
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Jeu 5 Aoû - 9:38

L'Ange sentit la main qu'elle conservait auprès d'elle glisser entre ses doigts et, tout à coup, empoigner les pans de sa robe. Libéré de sa charge précédente, son bras encercla alors les épaules de l'humain, machinalement. Ils restèrent ainsi, muets et pétrifiés, pendant plusieurs secondes -plusieurs minutes peut-être, puis, pour la première fois, se fut Jude qui brisa le silence qui peu à peu s'était installé.

- Je... Je veux pas qu'ils sachent. Tu diras rien, promis ?

Lentement, les yeux de la femme se redonnèrent au monde, à la clarté du jour momentanément obscurci par les nuages de décembre. Elle acquiesça légèrement.

Tout ce qu'il voudrait.

Elle entrouvrit la bouche et inspira, prête à répondre mais ...

- Si je me soigne pas, j-je...

Mais elle la referma automatiquement, bloquant en symbiose sa respiration. Tout son corps se figea, muscles crispés et mâchoire serrée.

- ... je dépasserais pas... 20 ans.

Ses paupières se refermèrent amèrement, retenant tant bien que mal une nouvelle montée de larmes. Et deviner celles du garçon ne facilitait pas la tâche.

Aladiah inhala longuement l'air qui s'insufflait entre leur peau, anéantie à son tour.

Impossible. Elle ne voulait pas y croire.

Silence de mort, vide intégral puis ...

- ... trois ans ? parvint-elle à articuler au bout d'un moment.

Seulement trois misérables années.

Elle rouvrit les yeux, les plissa légèrement. Elle se décolla un peu de Jude et ses deux mains agrippèrent le bas de son visage. Elle le contraint à tourner un peu la tête vers elle et plongea son regard dans le sien.

- Mais tu comptes te soigner, hein ?

Même s'ils en avaient le ton, ces mots ne ressemblaient en rien à une question.

- T'es quand même pas assez idiot pour te passer du traitement ... n’est-ce pas ?

Plutôt un mélange entre la supplication et l'auto-persuasion.

Elle resta à le fixer durant de longues secondes. Pour que ses phrases lui pèsent, certes, mais surtout pour la simple appréciation. Pour, encore une fois, graver ses traits dans sa mémoire.

- 1085 jours ... finit-elle par déclarer, interdite.

Ou 1085 renaissances. Si son corps devait déjà mourir tôt (néanmoins la chose ne pouvait arriver puisqu’il était inacceptable et qu’il ne se soigne pas, et qu’elle ne trouve pas de soins définitifs), il n’était pas question que son esprit dépérisse auparavant.

L'immortelle posa un baiser sur le front du garçon avant d’y appuyer le sien.

- Dis-moi, Jude. Ce sont quoi … tes rêves ? murmura-t-elle au bout d’un temps. Qu’est-ce que tu rêves de faire, de voir ou de vivre ? De comprendre ou de savoir ? J’aimerais, si tu me le permets, connaître toutes tes ambitions, tes espérances, tes évasions, ... Toutes. Même les plus débiles et les plus folles. Je m'en fous de leur catégorie. Je veux juste ... savoir.

Ses mains, si crispées qu’elles en tremblaient, tombèrent sur ses épaules.

- S’il-te-plait.

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
"Hé, fini de penser de réfléchir, de cogiter,
Un vrai lieutenant de l’armée n’a pas le droit de s’égarer.
On m’a parlé de patrie, de fierté, de mon sol,
D’un bon devoir accompli, et cet avion décolle.
Je suis sûr d'être un type bien, un véritable puritain, un patriote américain ;
L'Etat a fait de moi un homme, pas un pantin,
On m'a seulement appris à faire le bien."


Dernière édition par Aladiah le Ven 6 Aoû - 19:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Humain(e)
avatar
Messages : 94

Feuille de personnage
Orientation politique: Aucune
Classe&Métier: -
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Ven 6 Aoû - 10:29

Un silence de mort suivit ses mots, et dans sa tête le glas sonnait.

- ... trois ans ? articula la femme, totalement anéantie.

Oui, trois ans. Et au mieux...
Et... et s'il n'atteignait pas 18 ans ? S'il n'en avait plus que pour quelques mois ??
Il ferma les yeux, bloquant sa pensée sur autre chose... en vain. Seule cette vérité accablante apparaissait, se lançait à l'assault de son esprit, inlassablement.

Roxane (-ou Aladiah ? il ne savait plus comment l'appeler-) lui prit le visage entre ses mains et le tourna légèrement. Il rouvrit doucement les yeux.

- Mais tu comptes te soigner, hein ? T'es quand même pas assez idiot pour te passer du traitement ... n’est-ce pas ?

Le regard du garçon se fit grave. Prendre un traitement c'était annoncer au monde qu'il était malade... Il ne pouvait certainement pas le financer seul et... se retrouver dans un hopital pendant des années, y vivre ses derniers instants... Non, pas vivre. Subir. C'était un supplice que d'observer la mort venir si lentement... agoniser pendant des années.

Il ne pourrait pas le supporter et préférait affronter le regard suppliant de cette femme qui l'aimait.

C'était peut-être égoïste de sa part mais plus jamais il ne voulait être enfermé. Ce gouffre lui suffisait amplement pour qu'il n'y ajoute pas quatre murs.

- 1085 jours ...

Elle semblait commencr à l'accepter.
Roxane déposa un baiser sur le front de l'adolescent, les larmes se tarirent doucement, ne laissant plus que quelques réfractaires dévaler son visage torturé.

- Dis-moi, Jude. Ce sont quoi … tes rêves ? Qu’est-ce que tu rêves de faire, de voir ou de vivre ? De comprendre ou de savoir ? J’aimerais, si tu me le permets, connaître toutes tes ambitions, tes espérances, tes évasions, ... Toutes. Même les plus débiles et les plus folles. Je m'en fous de leur catégorie. Je veux juste ... savoir.

Elle était si proche de lui à cet instant...

- S’il-te-plait.

Son coeur se serra. Ainsi penser à tout ce qu'il ne pourrait plus faire... c'était...
Ses yeux se baissèrent.

Quelles ambitions avait-il ? Son avenir, comment le voyait-il avant ?
Il ne le voyait pas.
Ayant tout stoppé, comment imaginer quelque chose tenant la route ? Le seul domaine dans lequel il arrivait à donner quelque chose c'était le combat. Alors quoi ? Entraineur ? Il n'en aurait pas la patience.

Haussement d'épaules.

- J'sais pas.

Si, il devait pourtant bien y avoir quelquechose, sinon il n'aurait aucune raison de ne pas vouloir mourir !
Jude fronça les sourcils. Plusieurs secondes, quelques minutes s'écoulèrent, silencieuses et pesantes.
Et finalement :

- Sortir d'ici, voyager... Voir autre chose que les murs de ce foutue ville. Elle écrase trop. Et aussi... changer cette putain de vie ! J'aurais voulu tout recommencer mais... j'peux pas. Y mettre plus de couleur et sortir de ce merdier dans lequel j'suis tombé gamin !

Il marqua une pause le temps de remettre une peu d'ordre dans tout ce qui venait, tout ce qui ne demandait qu'à sortir.

- Je connais que dalle, j'suis un bon à rien et j'peux rien faire avec... avec le peu que j'ai. C'est très con à dire maintenant mais... je regrette. Tout.

Le garçon soupira.

- J'suis faible, je manque de volonté... Regarde Jake, lui il sait se reconstruire, recommencer quelque chose de stable après ce qui s'est passé, pas moi. Moi je ne sait que détruire ce que les autres font et ce que j'essaie moi même de faire. T'étais bien là quand je l'ai revu...
Tout ça ça me bouffe les tripes. J'affronte pas, je subis. Je fais que semblant...

Sa gorge se serra.

- Je sais même pas me montrer sympa... J'y arrive pas, c'est plus fort que moi faut que je casse tout. Je suis nul avec les gens... pourtant j'essaie...

Il secoua la tête, oubliant que Roxane y était appuyée.

- Par dessus tout, je voudrais ne plus jamais me sentir seul, abandonné. A crever... comme un rat.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ange Majeur
avatar
feat. : Eva Green
Je suis : Aladiah
J'ai fait : Rp ?
Messages : 637

Feuille de personnage
Orientation politique: Svoboda
Classe&Métier: Soldat, cavalerie lourde
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Ven 6 Aoû - 17:52

« J'sais pas. » avait-il dit. Pas de réponse de l’Ange. Elle le laisserait cogiter autant de temps qu’il faudrait, des heures s’il en demandait autant, mais il trouverait. Parce qu’une chose était certaine : même s’il n’en n’avait qu’un, et même s’il était flou, il devait bien avoir un rêve : tout le monde en avait.

Secondes puis minutes s’écoulèrent sans qu’on ne perçoive autre chose que le murmure de leurs souffles. Puis …

- Sortir d'ici, voyager...

Puis il parvint à mettre les mots sur ses désirs inconscients.

- Voir autre chose que les murs de cette foutue ville. Elle écrase trop. Et aussi... changer cette putain de vie ! J'aurais voulu tout recommencer mais... j'peux pas. Y mettre plus de couleur et sortir de ce merdier dans lequel j'suis tombé gamin !

Il se tut un moment. Elle baissa les yeux. Lui permettre de quitter Chicago, de voir des panoramas qu’un homme ne parviendrait pas même à imaginer, elle le pouvait, elle le ferait. Revenir dans le passé … ? Mon dieu qu’elle aurait voulu en avoir le pouvoir, mais elle savait que c’était impossible.

- Je connais que dalle, j'suis un bon à rien et j'peux rien faire avec... avec le peu que j'ai. C'est très con à dire maintenant mais... je regrette. Tout.

Les doigts de la femme se refermèrent imperceptiblement autour des épaules qu’ils encerclaient.

- J'suis faible, je manque de volonté... Regarde Jake, lui il sait se reconstruire, recommencer quelque chose de stable après ce qui s'est passé, pas moi. Moi je ne sait que détruire ce que les autres font et ce que j'essaie moi même de faire. T'étais bien là quand je l'ai revu... Tout ça ça me bouffe les tripes. J'affronte pas, je subis. Je fais que semblant...

Ses yeux remontèrent vers ceux qu’ils avaient tantôt abandonnés.

- Je sais même pas me montrer sympa... J'y arrive pas, c'est plus fort que moi faut que je casse tout. Je suis nul avec les gens... pourtant j'essaie...

Son front, déstabilisé par la secousse de son appui, laissa place à sa joue.

- Par dessus tout, je voudrais ne plus jamais me sentir seul, abandonné. A crever... comme un rat.

L’immortelle resta ainsi plusieurs secondes, pensive, puis elle desserra lentement son étreinte, s’appuyant finalement sur le mur. Son regard se fit plus dur.

- Je veux que tu me regardes, Jude Hawkins. Et que tu me regardes bien.

Plus sincère aussi. Ses bras se détachèrent peu à peu de lui jusqu'à ce que ses mains seules se posent sur ses épaules.

- T'es loin, très loin, d’être aussi mauvais que ce que tu crois. Evidemment t’es pas tout à fait blanc, mais franchement, quel humain peut seulement oser affirmer l’être ? En plus toi tu n’as vraiment pas eu une enfance facile. Oui je sais t’es pas le seul, on est bien d’accord là-dessus, mais à la différence d’autres, toi, on peut encore espèrer te repêcher.

S'il en avait envie seulement. Mais elle espèrait que ce soit le cas.
Elle haussa les épaules.

- Faut pas se voiler la face, hein. L’homme est fait pour vivre en société, il imite ce qu’il voit, l’enfant plus particulièrement. Tu n’as pas fait exception à la règle. T'as imité ce que tu as vu, et si tu n’as pas vu grand-chose de bon, tu n’as pas pu imiter grand-chose de bon. Logique. Tu as appris à te battre. A te méfier. A ne pas te laisser faire. A te cacher sous une carapace pour ne pas montrer tes faiblesses. Ca fait pas de toi la personne la plus extravertie qu’il y ait sur terre, sur ce point là je te rejoins, mais en même temps tu te serais fait tuer dans la rue si t’étais pas comme ça. Je ne mets aucun doute là-dessus. Alors faible, aucune volonté, j'suis pas d’accord. Tu as réussi à te faire une place dans un milieu pourri qui ne demandait qu’à t’écraser. Tu t’es battu pour garder la tête hors de l’eau et pour rester libre. Et il n’y a pas de plus beau combat que celui pour la liberté. Si aujourd’hui tes habitudes ne sont plus adaptées, c’est juste parce que tu as changé de milieu. Ici on cherche plus à t’enfoncer. Et ton père … ton père, il sait pas comment s’y prendre pour te le montrer, mais je suis sûre, non, je sais qu’il est heureux de t’avoir retrouvé. Ok il arrive qu’il soit trop tard pour changer les choses, mais là c’est pas le cas. Il n’est pas trop tard. Bien sur le passé reste le passé, on peut pas le changer, c’est impossible. Mais faut apprendre à vivre avec et surtout à arrêter de regretter, même si c’est dur, parce qu’un regret n’a malheureusement jamais changé les choses.

Elle marqua une pause.

- Tu sais … concernant ce qu’il s’est passé quand tu es arrivé ici … Jake … il a plus de quarante ans. Sa vie, elle était déjà construite avant que ta mère ne ... elle ne continua pas la phrase. Il comprendrait. Puis il avait plus de détails sur la situation que toi. J'veux dire … c’est pas un très bon exemple. Les choses n’auraient pas pu se passer autrement. Avec ce que tu croyais, avec ce que tu as vu, avec ce qu’il s’est dit, … Tu espérais quoi, hm ? En plus … lui aussi s’est enflammé ce jour là je te rappelle.

Elle secoua la tête.

- Non, vraiment, mauvais exemple. Ensuite, je ne veux plus jamais t’entendre dire que tu ne sais rien.

Elle sourit légèrement.

- D’accord, si je te dis « eh velerahan bosthemore* » tu vas me regarder avec de gros yeux en te demandant « mais qu'est-ce qu'elle baragouine celle-là ? ». Si je te cite les noms de Caravage ou de George Sand, tu vas pas forcément savoir de qui je parle. Et après ? Si on t’avait, plus jeune, enfermé dans une pièce avec des milliers de livres et qu’on t’avait contraint à les connaître sur le bout des doigts, là tu saurais, d’accord. Tu serais très instruit, oui, mais tu ne connaîtrais rien de la vie. De la vraie vie j'veux dire. C’est facile un cours théorique, c’est parfois même très intéressant et pratique, mais la réalité est bien plus importante.

Elle haussa les sourcils, puis les fronça. Les haussa encore. Elle pencha la tête sur le côté.

- Tu crois que tu ne sais rien, pourtant tu m’as appris à ...

Derechef, elle n’acheva pas la fin de la phrase. Elle recommença avec un ton plus agacé dans la voix.

- Allez, un peu de sérieux quoi. S’il était vrai que tu ne savais jamais être agréable, que t’étais un bon à rien, que tu étais foncièrement un conard de première, que t'étais con comme tes pieds, bref, que tu ne valais rien, tu crois sérieusement que j'me ferais en cet instant chier à te prouver le contraire ?

Elle se redressa un peu, s’approchant de lui.

- Ou même que je t’adresserais la parole ?

Du bout des doigts, elle attrapa le bas de son visage.

- Que j'me salirais en frôlant ta peau ?

Elle secoua durement la tête, le regard perçant.

- Que je m’inquiéterais pour toi ? Que l’idée de te perdre me ferait de la peine ?! Non, bien sûr que non.

Elle se tût un moment puis reprit à voix plus basse et plus sèche.

- On n’est pas là pour parler de moi mais je pense qu’il est capital que tu comprennes bien ça : je déteste catégoriquement les humains. commença-t-elle en articulant bien chacun de ses mots. Je crois que tu peux même pas imaginer à quel point je les déteste … En fait non, je ne les déteste pas. Je les h…

Blocage. Elle déglutit. Prit une profonde inspiration.

- Oui c’est ça, je les … hais.

Mot qui sembla lui brûler la gorge.

- Ca m’a déjà valu beaucoup, beaucoup, beaucoup d’emmerdes. Bref, ça on s’en fout. Mais du coup, je te l’affirme. Si t’étais aussi noir que ce que tu crois, si t’étais comme les autres : perverti, ridicule, pervers, prétentieux, soumis, opportuniste, hypocrite ou je n'sais quoi ... !

Là-dessus, elle approcha son visage du sien …

- Crois-moi je ne ferais surement pas ça.

… et l’embrassa.

Ses bras se serrèrent autour de lui et elle ferma les yeux. Puis doucement, elle s’écarta un peu de ses lèvres.

- Et c’est parce que j’accepte de le faire que je peux en même temps te jurer que je ne te laisserais jamais tomber. Jamais. Je t’en fais la promesse.

Et qu’elle ne le laisserait pas non plus mourir. Il y avait forcément un moyen de soigner ça. D’office.
Nouvelle pause durant laquelle elle pianota du bout des doigts sur son genou.

- Quoi qu'il en soit, je ne veux pas que tu te fasses de mauvais sang pour rien alors, je veux juste que tu saches ... enfin ... je ne peux pas le contracter quoi ...

Soudainement, elle leva une main au ciel comme pour dire « passons à autre chose ».

- Bref.

Vraiment, elle détestait parler de ce que les hommes appelaient « les sentiments ». C'était ... désagréable. Et embarassant, même. Presque humiliant.
Elle esquissa un large sourire, masque parfait pour la gêne, et embraya sur un tout autre sujet on ne peut plus intéressant.

- Je vais convaincre Lisa de nous emmener en « vacances ». Alors … ou est-ce que tu veux partir pour commencer ? Tu veux voir la mer ? L’océan ? Des montagnes ? Des falaises ? Le désert ? Les ruines d’Italie ? Les plages du Seychelles ? Les pyramides d’Egypte ? Le château de Versailles ? Les temples du Japon ? Les vestiges de la Grèce ? … En fait ... autant dire que tu as l’embarras du choix.

*huuuu de l’ange =3 x) ^^ Ca veut dire « Hey salut l’ami ».

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
"Hé, fini de penser de réfléchir, de cogiter,
Un vrai lieutenant de l’armée n’a pas le droit de s’égarer.
On m’a parlé de patrie, de fierté, de mon sol,
D’un bon devoir accompli, et cet avion décolle.
Je suis sûr d'être un type bien, un véritable puritain, un patriote américain ;
L'Etat a fait de moi un homme, pas un pantin,
On m'a seulement appris à faire le bien."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Humain(e)
avatar
Messages : 94

Feuille de personnage
Orientation politique: Aucune
Classe&Métier: -
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Sam 2 Avr - 10:00

(depuis début Août... Je pensais pas que ça remontait à si loin !!! O.O Mille excuses !! )


Les secondes s'écoulèrent, silencieuses, lourdes, noires. Bientôt, les bras l'entourant se desserèrent légèrement. Roxane s'écarta un peu pour aller s'appuyer contre le mur. Jude releva les yeux vers elle. Le regard grisé de la femme était dur.

- Je veux que tu me regardes, Jude Hawkins. Et que tu me regardes bien.

C'est toujours à ce moment là qu'on a le plus envie de détourner le regard, mais le jeune humain obéit. Il l'observa, l'écouta, encaissa les remontrances.
Elle était dure dans ses mots mais au fond, n'avait-elle pas raison ?

Finalement, elle s'approcha denouveau, lui prenant doucement le bas du visage, essayant toujours de le convaincre que non, il n'était pas nul, ou un salaud de première.

- On n’est pas là pour parler de moi mais je pense qu’il est capital que tu comprennes bien ça : je déteste catégoriquement les humains. Je crois que tu peux même pas imaginer à quel point je les déteste … En fait non, je ne les déteste pas. Je les h… Oui c’est ça, je les … hais.

Ce dernier mot semblait avoir eu beaucoup de mal à sortir. Jude la dévisagea un instant sans trop comprendre. Si elle haïssait les humains, pourquoi être venue vivre dans une famille totalement humaine ?
D'un ton agacé, elle commença à sortir tous les défauts, tous les qualificatifs pouvant les désigner. Et c'était loin d'être élogieux... Et c'était un peu extrème...

Et pour finir de le persuader, elle vint poser ses lèvres contre les siennes, l'enlaçant doucement. Jude se laissa faire, une fois de plus totalement dépassé par les événements.

- Et c’est parce que j’accepte de le faire que je peux en même temps te jurer que je ne te laisserais jamais tomber. Jamais. Je t’en fais la promesse.

Le garçon hocha faiblement la tête. Il baissa les yeux quand elle lui annonça qu'elle ne pouvait contracter le SIDA. Tant mieux. Tant mieux pour elle...

Roxane leva la main, tenant visiblement à changer de sujet. Elle esquissa un large sourire.

- Je vais convaincre Lisa de nous emmener en « vacances ». Alors … ou est-ce que tu veux partir pour commencer ? Tu veux voir la mer ? L’océan ? Des montagnes ? Des falaises ? Le désert ? Les ruines d’Italie ? Les plages du Seychelles ? Les pyramides d’Egypte ? Le château de Versailles ? Les temples du Japon ? Les vestiges de la Grèce ? … En fait ... autant dire que tu as l’embarras du choix.

Jude ouvrit des yeux ronds.

- Euh...

Il était un petit peu pris de court et n'avait sur le coup pas vraiment idée de ce qu'il voulait. Il prit tout de même quelques secondes pour réfléchir.
Par dessus tout, s'éloigner d'ici.

- Quelque chose de plus chaud qu'ici. Et sans murs !

Ses propositions étaient toutes plus attirantes les unes que les autres mais pour commencer...

- L'océan.

... il avait besoin de s'évader.

Il n'avait jamais eu l'occasion de vraiment la voir, ayant passé la plupart de ses vacances à fuguer, ou enfermé dans un centre pour avoir fait trop de...

Le visage de l'adolescent se figea.

- Tony...

Il ne voulait pas y retourner !

Putain mais quel con !

- Je...

Il observa sa main, le sang couvrant ses vêtements. Les flics allaient trouver le corps. Pourvu qu'il ne soit pas mort ! Sinon s'en était fini de lui...
Il secoua la tête. Son regard était alarmé.

- Je... j'ai frappé un homme tout à l'heure. Tony, le type au bar... Je l'ai frappé contre un mur, je sais pas s'il...

Il se mordit le coin de la lèvre.

- Est ce que tu saurais faire quelque chose ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ange Majeur
avatar
feat. : Eva Green
Je suis : Aladiah
J'ai fait : Rp ?
Messages : 637

Feuille de personnage
Orientation politique: Svoboda
Classe&Métier: Soldat, cavalerie lourde
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Sam 2 Avr - 13:28

(haha pas grâve j'avais oublié de toute manière. Par contre je fais court histoire qu'on achève vite parce qu'entre-nous je suis plus trop dans le sujet depuis le temps XD).

L'océan ? Très bien. Ce serait l'océan dans ce cas. Elle proposerait l'idée à Lisa dés qu'elle en aurait l'occasion. Pour Noël, peut-être ? Ou pour le nouvel an ? A voire. Quoi qu'il en soit, la mère d'April ne serait certainement pas difficile à convaincre. Non seulement parcequ'elle n'avait pas beaucoup de volonté, mais surtout parce "vacances" "cher" "plage" "océan" "soleil" constituaient une série de mots dont, la brune en était sûre, elle raffolait particulièrement. Donc coup de téléphone un de ces soirs, et le voyage serait organisé en moins de temps qu'il ne lui fallait pour répondre aux appels (et ce n'était pas peu dire).

- Tony...

Hein ? Il parlait de quoi là ?
L'Ange releva la tête vers l'adolescent.
Adolescent qui, soit dit en passant (eheh visez la rime), avait l'air soudain plus ... anxieux ?
Quoi ? Qu'est-ce qu'elle avait encore fait ?

- Je...

Jude dévisagea un instant le sang qui couvrait ses mains et ses vêtements puis releva les yeux, effaré.
Froncement de sourcils.
Correction : qu'est-ce qu'il avait encore fait ?

- Je... j'ai frappé un homme tout à l'heure.

Elle entrouvrit la bouche sans qu'aucun mot n'en sorte, se figea à son tour. Il n'avait pas tué quelqu'un tout de même ?

- Tony, le type au bar...

Au bar ? Quel bar ? Ils ne s'étaient croisés qu'une fois dans un tel lieu, c'était au Bisher. Du coup la question était plutôt : quel type ? Ses souvenirs de la soirée étaient légèrement flous.
Tony ... ?
C'était pas le mec avec qui il s'était battu ? Le moment où la barmain avait eu la merveilleuse idée d'assommer April avec une chaise ? Un truc du style ? Hmm ... ouais, probable.

- Je l'ai frappé contre un mur.

Ouch.
Elle pinça les lèvres, se doutant visiblement de ce qui allait...

- Je sais pas s'il...

...suivre.
Elle ferma les yeux, prit une profonde inspiration.

- Est ce que tu saurais faire quelque chose ?

Elle serra les dents et les poings avant de rouvrir les yeux.

Il voulait quoi là, exactement ? Qu'elle utilise des pouvoirs de lumière et risque de se faire repèrer par des Démons ? Pourquoi est-ce qu'elle ferait ça ? Elle n'avait aucune raison de ...
Un instant, l'immortelle croisa le regard du garçon. S'y noyaient un mélange de sincérité et de perdition à la fois. Comme toujours.

Soupir, davantage contre elle-même.

D'accord, elle le ferait. Et dans le pire des cas, elle se débarasserait du corps de manière à ce qu'aucun de ces imbéciles d'américains ne le retrouve. Un bête mec des quartiers pauvres, peu de gens iraient à sa recherche de toute manière. Et encore faudrait-il que sa disparition ne soit déclarée.

- Il est où exactement ? questionna-t-elle en se redressant.

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
"Hé, fini de penser de réfléchir, de cogiter,
Un vrai lieutenant de l’armée n’a pas le droit de s’égarer.
On m’a parlé de patrie, de fierté, de mon sol,
D’un bon devoir accompli, et cet avion décolle.
Je suis sûr d'être un type bien, un véritable puritain, un patriote américain ;
L'Etat a fait de moi un homme, pas un pantin,
On m'a seulement appris à faire le bien."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Humain(e)
avatar
Messages : 94

Feuille de personnage
Orientation politique: Aucune
Classe&Métier: -
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Sam 7 Mai - 19:54

Jude appuya son poing contre le mur, perdu. Perdu dans ses pensés, dans son passé chaotique, dans son présent hasardeux et dans son avenir emplie de ténébres. Un gouffre noir bien trop proche et peut-être encore des barreaux devant ?
Non. Non il ne pouvait pas s'y résoudre, ça serait trop. Beaucoup trop.

Une nouvelle fois, il secoua la tête.
Son regard se promena le long des mensardes, glissa sur les murs et se riva vers la fenêtre pour s'échapper dans le ciel nuageux. Quel chemin avait-il prit lui, quand il n'avait suivi que ses pieds ?
Tout avait été si flou à ce moment là, à partir de sa fuite du cabinet du médecin.

Il se souvenait de docks. Près du port. Oui, c'était ça...
Il ne connaissait pas les noms des ruelles là bas, alors il lui fallait des détails, des points de répères.

Ses sourcils se froncèrent alors qu'il tentait de se repérer.

- Tu vois le gros engar avec les carcasses de voitures à côté ? Celui qui stocke des pièces de moteur je crois... pas très loin de la grande grue bleue pour décharger les bateaux. C'était pas très loin d'ici... dans une p'tite ruelle...

Il marqua une pause, cherchant quelques détails supplémentaires.

- A l'Est du engar je crois... je suis passé près du vendeur de matériel de pêche... Oh et il y avait cet affreux batiment aux murs rouges aussi...

Il soupira.

- Je ne sais plus exactement mais c'était tout près de ça...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ange Majeur
avatar
feat. : Eva Green
Je suis : Aladiah
J'ai fait : Rp ?
Messages : 637

Feuille de personnage
Orientation politique: Svoboda
Classe&Métier: Soldat, cavalerie lourde
Arme(s) / Pouvoir(s):
MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   Mer 31 Aoû - 16:38

Jude entreprit quelques explications pour le moins houleuses que l'immortelle tenta de déchiffrer, sourcils froncés face aux efforts de mémoire qui lui étaient demandés. Gros hangar avec des carcasses de voitures ? Elle en avait vu cinq dans Chicago, des trucs pareils. Maintenant, savoir les localiser précisément, c'était d'une toute autre paire de manche. Des pièces de moteurs ? Ouais, enfin ça c'était pas le genre de détails auxquels elle prêtait attention. Une petite ruelle proche d'une grue bleue qui décharge les bateaux, dans les alentours ? Aux alentours du port, alors ? Allez, un petit effort de concentration. Grue bleue, hangar... Oui, elle devait déjà avoir croisé ça.

Il lui indiqua ensuite l'Est, un magasin de pêche et un "affreux bâtiment aux murs rouges". Sauf que tous les bâtiments anteriens étaient moches et que la majorité étaient faits de briques rouges. Elle soupira, lèvres pincées, tandis qu'une main glissait dans sa chevelure brune. Le désagréable sentiment d'être réduite à l'état de chien pisteur s'empara de son esprit, mais elle le chassa aussitôt en acquiesçant faiblement. Ouais, ok. Elle se débrouillerait avec ça. Dans le pire des cas, elle se réfèrerait aux cris d'agonie du macchabée.

Elle haussa les épaules, se retourna face à la porte.
De toute manière, c'était pas comme si elle avait le choix.

Elle s'arrêta un court instant, retint un "évite de merder la prochaine fois" qu'elle remplaça par un "- A plus." dénoué de toute forme de cérémonie et referma la porte derrière elle.

Elle serra les dents, dévala l'escalier le pas lourd et sec.
Maintenant, elle allait pouvoir faire payer au hasard son injustice.

[Pumpudumpudum, mieux vaut tard que jamais : fin du sujet (et en rime s'il-vous-plait).]

_________________
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
"Hé, fini de penser de réfléchir, de cogiter,
Un vrai lieutenant de l’armée n’a pas le droit de s’égarer.
On m’a parlé de patrie, de fierté, de mon sol,
D’un bon devoir accompli, et cet avion décolle.
Je suis sûr d'être un type bien, un véritable puritain, un patriote américain ;
L'Etat a fait de moi un homme, pas un pantin,
On m'a seulement appris à faire le bien."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Même si tous les chemins mènent à "Elle"...   

Revenir en haut Aller en bas
 

Même si tous les chemins mènent à "Elle"...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Entre les mondes :: Les Mondes :: Anteria :: ▌Chicago :: Banlieue :: ▌Quartiers riches-